[Numérique] Quel équipement choisir pour une expérience optimisée

[Article tiré du Blog flutetraversiere.fr par Mihi Kim] Entre un simple téléphone en 3G posé sur le bureau où l’on voit que le dessous du menton et deux doigts de la main gauche, et une bonne qualité de transmission entre élève et professeur, il y a de milliers de déclinaisons. Tout est de savoir quoi privilégier et quoi en faire abstraction. Le mot du jour est : bicanal – l’utilisation de deux outils en simultané.

Soyons clair – sans smartphone ni ordinateur, le cours à distance en Visio peut s’avérer problématique. Pas impossible. Juste problématique. (explication à la fin de l’article)

Sinon. Si vous possédez un Smartphone et un ordinateur, on peut commencer à faire quelque chose de bien. Si en plus de ça, ou à la place, vous avez une tablette, encore mieux. Si vous avez les trois, c’est royal.

1. Configuration de base
2. Amélioration en son
3. Amélioration en visuel
4. Pour aller plus loin

:::1. Configuration de base

Comme j’ai dit à l’article précédent, même si l’on dispose du son et d’une image, la problématique est comment contourner les limites de la vitesse d’internet, dite la bande passante. Si vous partagez une connexion ADSL à plusieurs en même temps, laisser tomber, cela ne fonctionnera pas. Autant se rabattre sur une version ultra light en volume de données, voire juste par audio via le téléphone.

La première configuration : Visio sur l’ordinateur seul.

Outils recommandés : Skype, Zoom, Moodle, Whereby
Outils alternatifs : Google, Facebook, WhatsApp, FaceTime
A éviter : rien pour l’instant

Le point fort : simplicité de mise en route, interface large et agréable, commandes claires et accessible, son relativement correct.

Le point faible : l’angle de vue. L’ordinateur est souvent posé devant soi à hauteur des mains, donc la caméra est dirigée vers le haut, d’où la perspective « le bas du menton et une demie-main visible ». Surtout en flûte traversière où l’on a besoin de voir la bouche, et voir le torse pour les questions de respiration et de position.
En ce qui concerne le son, souvent le retour (« je m’entends parler à travers les haut-parleurs ») n’est pas compensé contrairement aux tablettes. Il est impératif d’utiliser un casque ou se mettre régulièrement en muet.

Donc optimal pour un cours magistral ou cours théorique, absolument pas adapté pour la pratique musicale à moins de compenser.

Compensation possible : poser l’ordinateur sur une étagère à hauteur désirée. Mais ce sera difficile pour accéder aux commandes, et de passer de l’un à l’autre est très contraignant surtout pendant la dynamique d’un cours.

La deuxième configuration : Visio sur téléphone seul.

Outils recommandés : FaceTime, WhatsApp, Facebook, Viber – toutes les messageries instantanées supportant la Visio
Outils alternatifs : Skype, Zoom, Whereby, Google
A éviter : Moodle (avis personnel)

Le point fort : tout le monde en a et sait plus ou moins s’en servir. La prise de son est bonne, la diffusion haut-parleur en revanche est très aléatoire (selon les modèles)

Le point faible : petit écran, donc c’est difficile de garder une concentration pendant un long moment (de base ce moyen a été conçu pour des communications dépassant pas 10, voire 20 minutes maximum)
Il est également impératif de trouver un bon emplacement – IL NE FAUT SURTOUT PAS LE POSER SUR LE BUREAU DEVANT SOI. La bonne hauteur étant clé, si vous avez besoin de le poser sur le bureau prenez une grande tasse type Mug, mettez le à l’envers et posez le téléphone dessus.
Certains téléphones ne supportent pas bien l’agrandissement d’image en video, il est donc possible d’avoir qu’une très faible définition sans pouvoir distancier les détails.

Compensation possible : (à tester) la diffusion de l’écran sur télévision (écran partagé). Personnellement je ne m’en suis pas servie, j’ai un peu peur de la désynchronisation. Je mettrai à jour ce post quand j’aurai pu faire le test.
Acquérir un stand : c’est bien pour la perspective, tout en gardant le téléphone à portée de main pour les commandes. Je ne recommande pas les stands type pince ou vissés, car la fixation bouge tout le temps et on se retrouve avec le cou tordu sans s’en rendre compte (qui peut s’avérer très douloureux pour la suite). Je recommande l’acquisition d’un trépied petit ou grand avec un adaptateur téléphone, sinon de bricoler un petit « serre téléphone (comme un serre livre) » sur l’étagère. (cf image)
L’acquisition d’une petite enceinte Bluetooth peut s’avérer très pratique. Pour nous qui travaillons avec le son, même une petite amélioration peut-être très appréciée.

La troisième configuration : la tablette seule

Celle-ci est pour l’instant la meilleure solution si vous voulez quelque chose de simple. L’écran reste grand, les commandes restent accessibles; la tablette réunit les avantages des deux configurations précédentes sans pour autant cumuler les points négatifs. Le son est plutôt correct, la tablette supporte une concentration d’une longue période (idéale pour 45 min voire une heure). J’ai également fait la bonne expérience d’avoir une définition d’image correcte et un son plutôt pas mauvais (toutefois j’ai utilisé la tablette sans microphone externe ni écouteurs). Il peut y avoir un retour doublon sur certains applications, mais c’est devenu très rare récemment.

Outils recommandés : FaceTime, WhatsApp, Facebook, Viber – toutes les messageries instantanées supportant la Visio, Skype, Zoom, Whereby, Google
A éviter : rien pour l’instant

Le point fort : confort d’utilisation et simplicité. Réactivité en cas de mauvais débit internet. Qualité acceptable sans être exceptionnelle. Bon compromis.

Le point faible : lourd, donc peut glisser sur une étagère. Quand la tablette est posée sur le bureau, rencontre les mêmes problématiques que l’ordi. Surtout pas de pince, ça glissera pour sûr car c’est encore plus lourd qu’un téléphone.

Compensation possible : Achat d’un grand trépied avec un adaptateur spécifique tablette. Où, l’acquisition d’une pince pour pupitre d’orchestre (ceux en métal avec un plateau et non pliables) Sinon certains stands microphone peuvent recevoir l’adaptateur tablette, il en existe pour le bureau également (test en cours)

::: 2. Amélioration en son

Une « amélioration », per se, à ce stade, ne peut pas se concevoir sans combiner plusieurs outils. Comme précédemment expliqué, le seul moyen de profiter entièrement de la qualité numérique dont nous sommes habitués au quotidien est de préparer un contenu en amont et de le partager au moment voulu. Mais si l’on veut se lancer petit à petit dans du matériel plus adapté, voici mes recommandations.

Le bon micro

Deux possibilités : soit l’acquisition d’un microphone dit « USB » – c’est un microphone à condensateur (un mini-tympan et capteur magnétique à l’intérieur) qui se branche directement sur la prise USB (donc à priori, ordinateur seulement… il existent des modèles spécifiques pour les appareil iOS, et on peut les brancher sur les autres tablettes via un adaptateur USB – USB-C), et le tour est joué. ATTENTION : les microphone USB n’ont pas énormément de réglages possibles, il est possible qu’il y ait une différence de niveau entre le volume de la voix et de l’instrument. Ma petite astuce perso est de tourner le micro à 180° lorsque je joue. LA DIFFERENCE EST MINIME. A savoir que les appareils type smartphone etc sont tellement puissants que la qualité de base est déjà tout à fait honorable… seule différence serait la profondeur du champs, au lieu d’avoir l’impression de parler/jouer contre un mur à 1,5m environ, on créerait une illusion de « volume » et entendre légèrement la résonance de la pièce/salle…

Sinon, la possibilité de s’équiper d’une carte son externe et un microphone (ou deux) type condensateur XLR. Là on rentre dans le domaine de la prise de son, et c’est tout une autre histoire – per se, les prix, les résultats obtenus n’ont pas de limite vers le haut. PS Je vous recommande vivement de vous faire « la main » d’abord avec de l’équipement de base avant de s’aventurier dans ce domaine. Tant qu’on n’a pas de « goût » personnel, les possibilités sont tellement nombreuses qu’on est vite perdu.

ET LE MICRO LAVALIER? vous connaissez les petits micros-pin qu’on accroche aux cravates? Ces modèles sont exclusivement destinés à capter la voix et saturent très vite avec l’instrument. A recommander uniquement si votre cours se déroule exclusivement en voix parlée.

Les bons haut-parleurs

Franchement, tout est bon à part des modèles vraiment jouet et bas de gamme. Chaque marque a ses points forts – grosses basses pour les Dr Dre, son cristallin presque tranchant sur les B&O, et plus ou moins équilibré sur les Sennheiser et Bose. J’aime beaucoup le son Sony également, il est très « standard » passe-partout. Petites enceintes, grosses enceintes, Bluetooth ou filaire, tout est bon c’est vraiment une histoire de goût, et n’importe lequel sera une nette amélioration, même les plus petits modèles.

Et le casque?

… ah. Ça dépend.
Sur une tablette je dirai qu’on peut s’en passer clairement. Sur un téléphone, oui, à condition que c’est relié via bluetooth. (j’ai eu des étudiants avec des rallonges de 5m – pourquoi pas, mais c’est franchement encombrant.)

Sur un ordinateur, oui. Si vous voulez profiter d’une ambiance concentrée et calme, je vous suggère l’acquisition d’un casque supra-auriculaire (casque arceau, on dit) semi-ouvert ou fermé. Personnellement j’ai deux casques filaires, un fermé et un ouvert. Le fermé bloque les sons de l’extérieur donc c’est bien pour écouter des enregistrements, le casque ouvert laisse passer le son donc c’est bien pour jouer en même temps et pouvoir s’entendre (et de ne pas se sentir comme dans un aquarium quand on joue). Il y en a pour tous les prix, pour la plupart à moins de 100€. Pareil, en ce qui concerne la marque c’est une question de goût – négligez pas l’esthétique aussi, vous vous voyez sur l’écran en petit en permanence et c’est important qu’on est en accord avec l’image qu’on donne aux autres.

Pour une petite paire bon marché d’écouteurs intra-auriculaires je ne suis pas convaincue de l’intérêt à part en Visio sur ordinateur et pour ne pas souffrir des retours microphones (de s’entendre parler en écho).

Post-production : il existent de nombreux logiciels de montage et de post-production (ajout de réverbération etc) mais à ce stade et pour cette utilisation je ne pense pas que ce soit relevant. Cependant, étant intéressée personnellement à la prise de son, je pourrai peut-être approfondir dans un autre post plus tard.

Question du début : Visio sans Smartphone ni ordinateur? Oui : Méthode 1 : Vous écoutez un enregistrement en même temps que l’élève et vous faites des commentaires en temps réel. L’élève peut alors appliquer les corrections (de préférence, par petits bouts) et le renvoyer aussitôt. Commentaires de nouveau, puis ainsi de suite. Méthode 2 : L’élève joue, via le téléphone. Et les commentaires en direct. (Un plus : si l’élève peut se filmer en même temps, ce sera encore plus efficace si on peut visionner la vidéo par la suite – cf méthode 1)

[Numérique]L’enseignement à distance – les pour et les contre (introduction)

[Article publié sur flutetraversiere.fr par Mihi Kim] Comment ça, cours à distance? Devant un écran? Et ce sera synchronisé? Beaucoup de questions et peu de réponses aujourd’hui quand il s’agit du questionnement sur l’enseignement à distance qui est tellement d’actualité. Voici un petit article afin de déblayer le terrain et expliquer comment rendre l’expérience viable, choses impossibles à mettre une croix dessus, points positifs et hyper-compétitifs à absolument mettre en avant lors de la conception de sa propre méthode …

… il existent de milliers de possibilités comment créer son propre rituel de cours.

« oui, mais je préfère avoir une solution clé en main, et qui marche. »

Considérez l’enseignement numérique plutôt comme une voiture, et non comme un livre. Un livre est déjà écrit, et on voit sur la couverture de quoi il parle. Nous savons tous ce qu’est une voiture, mais nous savons également qu’on doit avoir un permis de conduire pour s’en servir entièrement et librement. Un livre est supposé nous apporter un point de vue spécifique, qui va nous servir de base pour créer notre propre opinion – nous l’approchons donc avec un regard critique. Si on n’y connaît rien, l’achat d’une voiture est une entreprise bien impressionnante! Quant au livre, nous pouvons également décider quand l’ouvrir, et à quelle vitesse le finir. Moins libre sur la conduite – chaque action est cruciale à chaque milliseconde. Les livres, plus on en a, plus on s’en réjouit. C’est rare qu’on se serve de plusieurs voitures en même temps. 

Puis la voiture, tant qu’on n’en a pas besoin, c’est cher c’est encombrant, mais à un moment donné devient indispensable sur tous les fronts. Aujourd’hui est un de ces moments où on ne peut plus se passer d’internet. Imaginez que vous commencez les cours de conduite au moment où vous avez déjà besoin de la voiture. Vous devenez IMPATIENTS. Première et dernière règle de l’informatique : ne soyez pas impatients. N’ayez pas peur, il n’y a aucune raison – contrôle + z est votre ami (note : commande pour annuler la dernière action, remplacée par commande + z sur les appareils Mac). Acceptez un certain temps d’apprentissage. 20 heures minimum avec un moniteur pour la conduite: bien qu’il n’y ait pas de danger physique, mais dû à la complexité, je pense qu’il en faudra pas moins pour le numérique. Disons que: ne vous attendez pas à pouvoir vous servir d’un ordinateur comme un chef dès les premiers pas.

L’informatique est un domaine extrêmement bien organisé. Chaque action doit s’effectuer dans un certain ordre, et tant qu’on se souvient du chemin parcouru, on peut trouver remonter à l’envers et recommencer à zéro. Selon mon expérience, toutes les catastrophes informatiques arrivent quand on perd le fil et qu’on continue de cliquer n’importe où sans vraiment savoir où aller. C’est précisément comme si vous devez aller quelque part en voiture, le plus vite possible, et vous partez sans plan ni GPS en fonçant à toute vitesse dans le tas.

Revenons à cette fameuse «solution qui marche». C’est comme si vous disiez, je voudrais une voiture qui conduit toute seule. Vous voyez où je veux en venir – on n’y est pas encore. On y sera, peut-être, bientôt. Mais pas en 2020. Le facteur humain est décisif – la clairvoyance de ce qu’on veut faire, de ce qui est possible ou non, et puis l’habilité de lancer diverses actions au bon moment pour obtenir le meilleur résultat.

Comme prendre un virage.